Biographie et bibliographie : Keiko Ichiguchi (née à Osaka, Japon, en 1966) vit et travaille à Bologne. Elle a fait ses débuts dans l'univers du manga en
1988 en remportant le concours pour jeunes auteurs organisé par la maison d'édition Shogakukan. Sous le pseudonyme de Keiko Sakisaka, elle a publié au Japon les titres Lucia (1990),
Otometachi no Sanka (Hymne aux jeunes filles, 1991) et Me o Aketa Mamade (Avec les yeux ouverts, 1991). En 1995, elle a réalisé, pour les éditions Star Comics,
le livre de contes Au-delà de la porte. C'est en 1997 qu'a commencé sa collaboration avec la maison d'édition japonaise Kodansha, chez qui elle publie 1945 et America,
réunis en un volume en 1998 et disponibles en France également dans la collection "Made in" de Kana. Aux Editions Kappa, en Italie, elle a publié la série Peach! dans la revue Mondo
Naif, et les titres La vue sur la cour (1999), Deux (2000), Blue (2001), Avec les yeux ouverts (2002) et 1945 (2003)." Elle est mariée à Andrea
Venturi, un dessinateur de BD, célèbre en Italie.
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Genre : Bavardages sur les us et coutumes du Japon, mais aussi sur l'univers du manga
Titre original : Perché i giapponesi hanno gli occhi a mandorla
Editeur français : Kana- Dargaud, collection Kiko (2007) : 8,50€
Quatrième de couverture :
" Le Japon est un pays riche en contradictions. Jusqu'à aujourd'hui, il fallait, pour le connaître, en passer par les récits de voyages d'Occidentaux perplexes, ou par les traductions d'anciens
et grandiloquents ouvrages nippons. Cela dit, ces deux accès à la culture coïncident tellement peu qu'on en vient à imaginer l'existence de deux pays totalement différents. Keiko Ichiguchi nous
raconte ici les traditions japonaises les plus bizarres. Installée depuis une dizaine d'années en Italie, elle nous dévoile des curiosités, des légendes urbaines, des traditions, des activités de
la vie quotidienne, des festivités, et bien plus encore. Tout cela à travers un journal autobiographique et le regard malicieux d'une vraie Japonaise, qui retourne régulièrement là-bas, mais qui
sait aussi prendre le recul nécessaire. Un précieux vademecum pour ceux qui ne connaissent pas encore le Japon, pour ceux qui croient le connaître, et pour ceux qui y voient leur 'terre
promise'."
La première partie de ce livre traite surtout de l'univers de l'édition japonaise de manga. Un monde apparemment un peu fou, et où la vie d'un auteur de manga peut
être très intense et très difficile.
Dans une seconde partie, Keiko Ichiguchi nous fait partager un bout de la culture japonaise, notamment les fêtes traditionnelles et leurs origines, ainsi que des légendes urbaines. Elle nous fait
également découvrir une partie de l'histoire japonaise.
Pour répondre à la question que pose le titre, à savoir : Pourquoi les japonais ont les yeux bridés
"Puisqu'on parle de censure, le moment est venu d'aborder les anecdotes. Désormais, même ici, on connaît bien les deux principales
techniques de censure que les Japonais utilisent pour cacher "ces zones-là". La première est une sorte de tache circulaire grisâtre, la seconde est la censure dite "en mosaïque". Cette technique
consiste à morceler l'image "gênante" en tous petits carrés et à les mélanger de façon à ce qu'on n'ait qu'une vague idée de ce qui se cache derrière. [...]
Quand j'avais à peine plus de vingt ans, j'ai loué à quelques reprises une chambre d'hôtel avec des copines pour assister à une foire de manga. Une fois la télé allumée, nous nous sommes aperçues
que, pour je ne sais quelle raison, peut-être une anomalie du circuit interne du câble de l'hôtel, une chapine érotique était déjà activée. Voilà bien une occasion inespérée de voir quelque chose
dont nous avions toujours été tenues à l'écart.[...]
"Vous saviez que, pour éliminer les effets de la censure "en mosaïque", il suffit de regarder l'image en s'étirant les coins des yeux avec les doigts?" Après quelques instants de silence, passés
à nous fixer les unes les autres en envisageant cette éventualité, nous nous tournâmes d'un coup vers l'écran, en nous bridant les yeux avec les doigts. Une fille disait qu'elle voyait vaguement
quelque chose, une autre rien du tout, une autre encore qu'on voyait d'autant mieux qu'on tirait fort, et une, enfin, qu'elle voyait tout comme s'il n'y avait pas de censure du tout. En tous cas,
on prenait ça très au sérieux, comme s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, ou du moins, d'une véritable expérience scientifique."
Ceci vous donne un petit aperçu du ton du livre, mais les thèmes abordés sont très sérieux.
Mon avis : A la base, je cherchais un livre sur les us et coutumes du Japon et sur le mythologie de ce pays. Le libraire m'a conseillé ce
livre, bien qu'il parle en partie de l'univers des mangaka. J'ai beaucoup aimé ce livre, parce qu'on y découvre pas mal de choses sur l'univers du manga, mais également sur certaines traditions
japonaises. Et tout cela agrémenté de petites anecdotes très drôles. Si vous voulez en découvrir un peu plus sur le Japon et les Japonais, ce livre est fait pour vous.
Et pour les fans de Hayao Miyazaki, il est intéressant aussi, cat Keiko Ichiguchi nous explique certaines choses par rapport à ses films, que l'on ne peut pas forcément voir ou comprendre avec
nos esprits et notre culture occidentaux, notamment Princesse Mononoké et Le voyage de Chihiro.

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