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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 19:01
Je sais que ce blog a une vocation culturelle, et non pas personnelle. Mais si au fil des années, j'y ai laissé un bout de moi. Aujourd'hui, j'ai besoin d'écrire. Parce que je ne sais pas parler des choses importantes, les gens me croient forte. Mais mon coeur ne sait pas parler c'est tout, il sait seulement écrire. Et mon coeur a mal. Hier, cela faisait 6 mois que mon père nous a quitté à la suite d'une très longue maladie. J'ai l'impression que ça fait plus longtemps que ça, mais en même temps j'ai l'impression que c'était hier. Hier où on a passé la nuit à l'hôpital, et qu'on est reparties à 5h du matin, moi chez moi, juste derrière le CHU, et que ma mère m'a appelé à 8h pour me dire qu'il fallait qu'on aille à l'hôpital, parce qu'il n'allait pas bien du tout, et parce qu'en fait comme je l'ai appris en arrivant là-bas il était parti à 7h10. Je me souviens avoir fait un rêve pendant ces quelques heures de sommeil, un rêve où ma mère m'appelait parce qu'elle venait de recevoir un appel de l'infirmière qui lui disait qu'il allait mieux. Et quand le téléphone a sonné je n'ai pas compris ce que ça voulait dire. Avec le recul, je pense que mon père a essayé de m'envoyer un message dans mon rêve pour que je sache qu'il va mieux et qu'il ne souffre plus. Pas très rationnel je sais, mais ça me fait du bien de penser ça.

Aujourd'hui j'ai mal, je ne me souviens plus de lui avant la maladie. Quand je pense à lui, ce que je vois c'est comment il était quand il a fait son hémorragie gastrique, rempli de sang sur sa blouse d'hôpital, et quand il m'a avoué le lendemain que pour la première fois de sa vie il avait peur. Et je n'ai rien pu faire pour le rassurer parce que moi aussi j'avais peur. Ce que je vois c'est comment il était quand ils se sont enfin décidés à le mettre sous morphine, et qu'un de ses yeux refusait de se fermer complètement, et qu'il était devenu un squelette avec seulement la peau, et qu'il ne réagissait plus à notre présence et qu'il avait la ^peau totalement glacé. Ce que je vois c'est le soulèvement de sa poitrine quand ils l'ont mis sous oxygène. Ce que je vois, c'est comment il était dans son cercueil avant de partir pour la faculté de médecine, parce qu'il a fait don de son corps à la science.

Mais aujourd'hui ce que je voudrais c'est me souvenir de lui avant que la maladie ne le touche. Quand il avait encore ses cheveux mi-longs qui n'arrivaient pas à pousser, quand il ne se tordait pas de douleur à cause des traitements de chimio. Et surtout j'aimerais qu'il sache que je l'aime et que j'espère qu'il va bien maintenant. Mon plus grand regret c'est de ne pas lui avoir dit au revoir, parce que ça faisait déjà quelques jours qu'il n'était plus vraiment là.

On me dit que le plus dur c'est la première année, et la date fatidique tous les ans. Le mois de juin est dur, parce que demain c'est l'anniversaire de ma mère et après-demain c'est leur anniversaire de mariage, et le 21 c'est la fête des pères, et ça me rend triste tous ces sites qui polluent mes boîtes mails en me rappelant que je n'ai pas de cadeau à acheter cette année pour la fête des pères.

Il s'était donné comme objectif de tenir jusqu'à son anniversaire, le 10 janvier, et il est parti avant. Il aurait pris 54 ans, il aurait eu cette année le double de mon âge à moi. C'était notre truc ça, un jour j'avais découvert que tous les 11 ans, nous étions en chiffres inversés au niveau de l'âge, c'est-à-dire que quand j'ai pris 25 ans, il a eu 52 ans, et cette année je prenais la moitié de son âge, je sais que ça l'aurait fait sourire, et qu'il aurait sûrement trouvé une petite blague à me dire.

Ce qui est dur aussi, c'est de savoir que jamais il ne verra la femme que je vais devenir, je ne saurai jamais s'il est fier de moi, ou si je le déçois, ou s'il aurait préféré que je fasse autrement pour telle ou telle chose. Il ne connaîtra jamais ses petits enfants, et je sais que ça il l'attendait un jour. Il ne sera pas là pour me conduire devant monsieur le Maire le jour de mon mariage, pour me féliciter. Mais j'ai besoin de croire qu'il est là quelque part et qu'il veille sur nous, ma mère et ma soeur et moi, et qu'il nous soutient dans nos vies, et dans nos peines, comme dans nos joies.

Au tout début, je me suis surprise à être de bonne humeur au boulot, de rire même et de faire des blagues, et j'ai beaucoup culpabiliser. Mais je sais que ça ne veut pas dire que je ne souffre pas, parce que je souffre, et je sais aussi qu'il ne serait pas content de me voir pleurer. Pendant toutes ces années, il a toujours dit qu'il allait bien, et il a continué à rire malgré la douleur pour qu'on ne s'inquiète pas. Aujourd'hui je me dois de lui rendre la pareille, et de faire en sorte qu'il ne s'inquiète pas pour moi. Je suis forte, mais parfois je suis faible, comme aujourd'hui.

Je veux qu'il sache, qu'il est toujours dans mon coeur, que je porte la gourmette que nenette et moi lui avons offert l'année dernière pour la fête des pères. Je veux qu'il sache aussi qu'on se sert les coudes toutes les 3 et avec Aurore aussi. Et qu'on pense toujours à lui, et qu'il ne nous quittera jamais.

Pour ceux qui ont eu le courage de lire, je suis désolée de raconter ma vie comme ça ici, à des inconnus, mais vraiment je me sens mieux maintenant, d'avoir déballer tout ça, toutes ces choses que je garde enfouie depuis des mois.

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Published by virginie - dans Bavardages
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commentaires

Diane 27/10/2009 21:23


Oui, sauf que lele elle vit ça tous les jours et seule. On s'envoie des textos et on s'appelle aussi de temps en temps. C'est gentil en tout cas merci.

Mon temps de travail, ben j'arrive au bureau vers 0830 hrs - 0845 hrs et j'en repars officiellement à 1745 hrs, officieusement entre 1800 hrs et 1900 hrs (régulièrement) voire plus tard... Sauf
quand je conduis!


Diane 27/10/2009 20:50


"Le courage de lire", oui, tu l'écris bien. Pas pour la longueur mais parce que je savais quel résultat allait donner cette lecture sur moi : des larmes plein les yeux et les joues. Des larmes
plein le coeur. Une amie a vécu ça il y a peu (en juin) et même si je n'avais vu son père qu'une fois, ça m'a fait énormément de peine. Ma Maman n'est pas en bonne santé, depuis plusieurs annés.
Elle a beaucoup de douleurs, des problèmes de vessie très "handicapants", de l'arthrose et tout ça mêlé qui empêche les médecins de savoir qu'est-ce qui provoque quoi et elle doit vivre avec
l'angoisse et la douleur chaque jour et moi avec la peur qu'elle ait quelque chose de grave et qu'ils ne s'en rendent pas compte. Surtout qu'elle a de plus en plus mal et qu'elel a très peu de
visite chez elle. De voir qu'ils ne se pressent pas quand ses symptômes sont importants et qu'elle ne sait que faire. Et la culpabilité parce que je vis dans le 76 pour le travail et elle à Evreux.
Ca fait 1 an et demi que j'ai déménagé et tu ne peux pas savoir à quel point j'ai eu du mal à partir. D'une part, "à cause de" cet attachement que j'ai pour elle et de cette relation fusionnelle
qu'on a(vait) et d'autre part parce que je savais que je la laissais seule dans cet état. Je n'ai pas le permis (je suis en train de faire la conduite) Et je ne la vois que très peu. La voilà
réduite à me dire "j'aimerais qu'on se voie au moins une fois par mois, ça doit être possible?" (c'est mon copain qui me conduit ou parfois je prends le car mais quelle perte de temps précieux,
même si c déjà ça) Alors qu'avant on se voyait 365 jours sur 365 (ou au moins les w-e et vacances quand j'étais à la fac)

Et me voilà donc encore plus fontaine qu'avant car bourrée de peur, de culpabilité et de "regrets". Désolée, là tu vois c moi qui me suis étalée alors que tu n'avais rien demandé...


virginie 27/10/2009 21:17


Ben non ne sois pas désolée, ça fait du bien de vider son sac de temps en temps. C'est vrai que la distance c'est chiant, mais Rouen n'est pas loin d'Evreux, après ça dépend aussi de ton temps de
travail, mais bon. Si tu passes le permis c'est sûr que c'est un gain de temps et tu pourras profiter de ta mamant plus souvent. Mais ne t'inquiètes pas pour elle, il ne faut pas trop penser à tout
ça, sinon on s'imagine des choses très graves, et on s'empêche de vivre tous ces doux moments avec ses proches


dissertation topics 08/09/2009 09:55

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Amy 24/06/2009 23:21

Bonsoir Vriginie,d'abord je te souhaite d'apprendre à vivre avec ta douleur, qu'elle s'apaise jusqu'à devenir supportable, même si, justement, on n'a pas envie que la douleur devienne supportable.J'ai perdu des membres de ma famille, mais pas les plus importants, et ton message me terrifie, car, quelque soit notre âge, quand on est l'enfant de quelqu'un, c'est la plus grande perte que l'on puisse imaginer, qu'un parent s'en aille. Mon père est resté deux mois en réanimation puis en soins intensifs pour une maladie grave. J'avais cinq ans, je ne me rendais pas compte, mais ce sont mes premiers souvenirs de petite fille : la terreur de ma mère, les après-midi dans sa chambre d'hôpital à faire des dessins qu'il affichait comme pour exorciser la mort, comme pour dire "tu vois, tu ne peux pas venir me prendre, ma famille me protège et ne me laissera pas partir". Il y a eut des rechutes, qui nous plongeaient dans un état de peur atroce, mais il est là aujourd'hui et je mesure ma chance. Je t'embrasse fort

lael 23/06/2009 18:48

C'est tout moi ça j'arrive toujours en retard. Je ne sais pas si ce que je vais te confier va t'aider mais j'ai lu ton billet et je comprends énormément de choses pour les avoir vécu. J'ai perdu mon père il y a maintenant 12 ans et plus le temps passe, plus je me demande comment je vais me souvenir de son visage. J'ai mes souvenirs et toi aussi penses à des souvenirs d'enfance, avant sa maladie. Mais saches que n'importe où où tu es , ce que tu fait, ton papa est là avec toi, il vit en toi, et je suis sure qu'il serait très fier de ce que tu es. Bien sur tes paroles me renvoient à ma tristesse pour la femme que je serais, celle que tu seras (les enfants, le mariage) mais j'aime à penser que nos défunts sont là, ils nous protègent, une force qui est présente, notamment dans les rêves qui pour revenir au tien est très évocateur. Raccroches toi à tout ceci, toutes ces petites choses qui font qu'il est présent malgré la mort. Moi je lui parle tous les soirs, meme simplement pour lui dire je taime, que je pense à lui. Longtemps je me suis interdit de rire, de vivre parce qu'il n'était plus là mais trouves en toi la force de vivre pour lui. Un jour tu auras des enfants et ce sera le plus cadeau que tu lui feras. Je sais que la douleur est toujours là que rien n'y fait, que pas un jour tu ne penses pas à lui, je sais que c'est dur et crois moi 10 ans après ça s'estompe mais c'est là. On souffre, on vit c'est la plus belle preuve de l'amour que tu lui portes. Ne regrettes rien, je n'ai pas pu dire au rvoir à mon papa à cause de la morphine également, mais les défunts reconnaissent les paroles du coeur et celle des larmes. Ris quand tu en as envie, pleure quand tu en auras besoin. C'est comme ça que tu avances... Pour finir je te dirais cette phrase: "Il faut toujours regarder cette étoile qui brille et nous montre le bon chemin. Courage et confiance" car cette étoile ce sont nos pères, les gens qu'on aime. Il est ta plus grande force et ta plus grande blessure, je le sais, mais ça prouve qu'il vit en toi. Bisous paroles de bloggeuse qui a fait son deuil et qui après toutes ces années de révolte, de souffrance, de douleur, de pleurs, de peurs connaît la sérénité...