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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 21:03

 Retrouvez la bio- et la bibliographie de Haruki Murakami ici

1Q84.jpg

 

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Genre : Littérature japonaise

 

Titre original : Ichi-kyū-hachi-yon

 

Editeur français : 10/18 : 9,60€

 

Editeur anglais : Vintage (édition omnibus) : 13,06€

 

Quatrième de couverture : 

Entre l'an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret, les existences de Tengo et Aomame sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères...Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d'amour, composant l'oeuvre la plus ambitieuse de Murakami.

 


Je vais vous en dire un peu plus long sur cette ces histoires, mais j'ai peur que cela soit un peu fade en comparaison de ma lecture.

D'un côté, il y a Aomame, jeune femme trentenaire, prof de sport et tueuse à gages pendant son temps libre. Célibataire, après une mission, elle arpente les bars à la recherche d'hommes chauves pour satisfaire son besoin, et garde intact son amour pour un garçon dont elle ne connaît pas le nom qu'elle a connyu quand elle avait dix ans. Tueuse à gages, mais pas pour n'importe qui. Elle venge des femmes battues. Bientôt des choses plutôt bizarres vont lui apparaître, et vont donner naissance à l'année 1Q84, une sorte de monde parallèle à 1984.

 

De l'autre côté, il y a Tengo. Trentenaire, mathématicien, écrivain. Avec son ami éditeur, il tombe sur un manuscrit extraordinaire, dont l'auteur est Fukaéri, une jeune fille de dix-sept ans, qui a l'air de vivre dans un monde bien à elle. Tengo est amené à récrire le récit de Fukaéri et une amitié va naître entre eux. Tengo partage donc son temps entre son emploi de professeur de mathématiques, la réécriture de La Chrysalide de l'air, et sa petite amie plus âgée et mariée qu'il voit tous les vendredis. 

J'ai acheté 1Q84 par simple curiosité, car je le voyais partout, et je voulais voir de quoi il en retourner vraiment. J'ai été happée dès les deux premiers chapitres. Un petit doute juste après, mais qui n'a pas duré longtemps. 1Q84 m'a plu et ça faisait longtemps que je n'avais pas été tenue en haleine comme ça. J'en ai même abandonné (pour un temps) ma lecture d'école, Manhattan Transfer (et c'est pour cette raison que je vais attendre pour entamer le second tome, bien qu'il me fasse de l'oeil du haut de son étagère, je dois être forte!)

L'écriture (du moins la traduction) de Murakami est magnifique, il nous emmène loin, en 1984 ou en 1Q84. Il réussit en peu de temps à créer une atmosphére mystérieuse, et parfois même féérique. Les personnages ont une profondeur, ne sont pas seulement des mots couchés sur le papier. Et j'aimerais faire un pied de nez, même si je sais qu'ils ne me lisent pas, à ceux qui me disent que les Japonais se ressemblent tous. Lisez Murakami et vous vous rendrez compte que ce n'est pas le cas. Et ceci me fait d'ailleurs penser que j'ai trouvé intéressante la manière de décrire les personnages physiquement, contrairement aux occidentaux où on se fait une idée du personnage de par la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, ici on se les imagine grâce à de petits détails différents de physionomie, le nez aplati, les oreilles chiffonnées. Pour en revenir au style, Murakami sème par-ci par-là des indices pour nous faire comprendre que les histoires d'Aomame et de Tengo sont liées l'une à l'autre, même si ce lien n'est pas encore expliquée clairement dans le tome 1.

Murakami nous offre également un florilège de références, de 1984 d'Orwell à Tchekov en passant par les récits médiévaux Japonais comme Le Dit des Heiké, ou encore par la musique de Bach ou la Sinfionetta de Janacek (que je ne connais pas, mais tellement curieuse que je suis, je vais essayer de trouver ça). Le roman dystopique d'Orwell est très présent dans ce tome, et ça me laisse à penser qu'il y aura un véritable lien par la suite, je m'attends donc au pire pour la suite, en espérant ne pas avoir une fin aussi dramatique que celle d'Orwell...

Passons maintenant aux points négatifs, parce qu'il y en a quelques uns. 1Q84 est très répétitif, comme si Murakami avait peur que ses lecteurs souffrent d'amnésie régulière. Il aurait donc pu économiser quelques nombreuses pages en évitant des répétitions parfois abusives. Egalement, son obsession pour les seins devient un peu barbante : les seins d'Aomame, trop petits et asymétriques; les seins de Fukaeri sous son pull; mais surtout le souvenir de Tengo lorsqu'il avait un an et demi et qu'il a vu sa mère en combinaison blanche se faire sucer un sein par un homme qui n'était pas son père.

Un reproche personnel au niveau de la traduction cette fois. Tout d'abord, la citation en début de livre, en anglais, non traduite en français. Je n'ai aucun problème avec l'anglais, bien au contraire, mais je me mets à la place des lecteurs français non angliciste, et je me dis qu'ils n'ont pas le droit de profiter de cette citation. De plus, l'expression Little People revient souvent, car c'est Little People ont un rôle à jouer dans l'histoire, mais on ne trouve aucune note expliquant ne serait-ce que vaguement ce que sont ces Little People. Les Little People sont les lutins, mais encore une fois, je me dis qu'un lecteur ne connaissant pas l'anglais ne pourra pas le deviner. Et les Little People apparaissent vraiment comme personnages seulement sur la fin du livre. Comme je l'ai dit cela n'engage que moi, car dans les quelques avis que j'ai lus sur 1Q84, je n'ai pas vu cette remarque.

Mais malgré ces petits points négatifs, 1Q84 est un grand roman, et je comprends désormais cet engouement au Japon et en Europe. Malheureusement il faudra que j'attende la fin des examens en mai pour lire la suite, et je peux vous dire que je trépigne d'impatience...

 

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 18:50

Ce blog a décidé  de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des sites de la rentrée littéraire !  Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.


***

Genre : Littérature chinoise


Titre original : Lao Zhang de Zhexue


Editeur : Philippe Picquier : 19€


279 pages


La philosophie de Lao Zhang est le premier roman de Lao She (1899-1966), écrit en 1926, deux ans après son arrivée à Londres. A travers la caricature d’un homme avare, Lao Zhang, Lao She nous dépeint une société chinoise en lutte entre tradition et modernisme.


La philosophie de Lao Zhang nous raconte le destin de plusieurs personnages tous liés les uns aux autres d’une manière ou d’une autre. Lao Zhang, le personnage central, est un homme de 45 ans, il est professeur, et rêve de rentrer dans l’administration. Lao Zhang a pour philosophie l’argent et la trinité ( « Il professe trois religions : l’islamisme, le christianisme et le bouddhisme. Il pratique trois activités : l’armée, l’enseignement et le commerce. Il parle trois langues[…] Tout marche par trois. Il n’a même droit qu’à trois bains pour toute sa vie […] »)

Lao Zhang ne vit que par l’argent, il a crée une école pour récupérer les droits d’inscription, en plus de son commerce. Li Ying et Wang De sont ses étudiants, mais suite à une bagarre avec leur professeur car celui avait battu presque à mort sa femme dans la cour de l’école, tous deux partent chercher du travail en ville.

Lao Zhang de son côté complote et manigance pour gagner toujours plus d’argent.


 


La philosophie de Lao Zhang, qui est le premier roman de Lao She, traçait déjà la direction que Lao She prendrait dans ses écrits. Il écrit ici une satire de la société chinoise de l’époque. Une époque où la femme n’avait aucune condition, si ce n’est celle d’épouse. Il était coutume de battre sa femme, la mode des petits pieds bandés étaient encore de mise. Les hommes pouvaient prendre des concubines (acheter ?), ce que décide de faire Lao Zhang pour réussir à entrer dans l’administration, mais surtout pour gagner plus d’argent. Il réussit à convaincre son « ami » Huitième Sun d’en prendre une également, ce qui lui permet par la même occasion de s’enrichir. Lao Zhang non seulement court après l’argent, mais il est également avare. Il ne mange pas pour ne pas dépenser d’argent, ou bien se débrouille pour se faire inviter.

(Nouvel An : « Lao Zhang travailla jusqu’à l’aube pour calculer ce qu’on lui devait. Perdant alors toute retenue, il but un plein bol d’alcool et mangea trois œufs d’une valeur de trois sapèques l’un. Sa femme eut droit à un repas de bouillie de riz glutineux suffisant pour la rassasier. L’âge avait dû affaiblir les capacités mentales de Lao Zhang, sinon comment aurait-il pu permettre à sa femme de manger à sa faim ? »)


Ce qui est intéressant dans La philosophie de Lao Zhang, c’est le regard que porte Lao She sur cette Chine où il a grandi. Il porte un regard critique sur ce pays qui est le sien. Il dénonce la condition des femmes chinoises, l’attitude des fonctionnaires et de ceux qui détiennent le pouvoir, l’absence de véritable justice.


Lao Zhang représente un peu tout ça à lui tout seul. Les autres personnages représentent la vision idéaliste de Lao She.


On ressent bien ce qu’il aimerait voir dans son pays, dans cette société qu’il a quittée pour le monde occidentale.


L’un des thèmes les plus présents ici est la condition des femmes. Elles sont vendues, battues, n’ont aucun pouvoir et aucune liberté d’expression. Li Jing est la sœur de Li Ying, elle et Wang De sont amoureux, mais Lao Zhang la veut comme concubine. Long Feng est l’amoureuse de Li Ying, mais Lao Zhang veut qu’elle soit la concubine de Huitième Sun, et tout cela pour que son père Long Shugu éponge ses dettes auprès de Lao Zhang.


On constate dans ses deux histoires d’amour similaires le désir de Lao She de rendre le choix de la femme dans son futur époux possible. Mais c’est chose impossible dans cette société très attachée aux traditions. Les deux histoires d’ailleurs ne connaîtront pas un dénouement heureux, bien que les plans de Lao Zhang échouent.


L’écriture de Lao She rend cet ouvrage très agréable à lire, une écriture assez poétique mais en même temps rempli d’humour. Il tourne tout à la dérision, mais en même temps réussi à donner beaucoup d’impact à certaines scènes, je pense notamment à la scène où Lao Zhang bat sa femme dans la cour de l’école, parce qu’un animal a voler un petit poulet.


Je pense cependant que pour apprécier pleinement ce livre, il faut avoir un esprit ouvert et surtout mettre de côté notre vision d’occidental du XXIème siècle.


De plus, on retrouve dans La philosophie de Lao Zhang, un personnage, Quatrième Zhao, qui incarne les croyances communistes de Lao She. Quatrième Zhao fut riche un jour, mais il a tout partagé avec tout le monde. Jusqu’au jour où il s’est retrouvé sans le sou et où tout le monde lui a tourné le dos. Il est devenu tireur de pousse et travaille à L’Armée du Salut. Quatrième Zhao ne demande rien, et refuse ce qu’on lui propose. Il cherche simplement à aider son prochain, et pour cela va s’immiscer dans les histoires d’amour pour empêcher Lao Zhang d’accomplir ses desseins.


Pour conclure, ce livre est un excellent moyen de passer un bon moment à rire mais aussi à réfléchir sur cette société chinoise des années 20, et apprendre par la même occasion certaines pratiques et coutumes. J’avoue que la fin est assez triste, car on pourrait s’attendre à un dénouement heureux, mais Lao She nous montre que malgré toutes ses bonnes volontés, il reste réaliste.

 




Je remercie Ulike et les éditions Picquier pour cette découverte
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 00:02
Genre : Littérature japonaise

Titre original : Kokkyô no minami, taiyô no nishi

Editeur français : 10/18, Domaine étranger : 7€

Editeur américain (South of the border, West of the sun) : Vintage Books USA : 9,11€

Synopsis : Hajime a connu Shimamoto-san quand il avait 12 ans. Sa première véritable amie, sa meilleure amie, son premier amour. Mais un jour, ses parents ont déménagé et ils se sont perdus de vue. Au lycée, Hajime rencontra Izumi, mais les choses se finirent mal lorsqu'elle découvrit qu'il avait une liaison avec sa cousine, plus âgée. Aujourd'hui Hajime a une femme et deux filles qu'il aime. Grâce à son beau-père, il est devenu son propre patron. Il possède trois bars de jazz à Tokyo, qui marchent très bien. Lorsqu'un article paraît sur lui dans un magazine, des camarades d'école commencent à venir lui rendre visite, et il entend alors parler d'Izumi, brièvement, elle n'est plus ce qu'elle était à l'époque. Un jour, elle lui a même envoyé un avis de décès, celui de sa cousine. Mais suite à ce magazine, il reçoit également la visite de Shimamoto-san. Elle commence à venir de temps en temps, mais ne reste jamais longtemps, un peu comme un coup de vent dans la vie d'Hajime. Puis, un jour, il lui déclare son amour. Cet amour d'un enfant de 12 ans, qu'il a refoulé avec le temps. Elle lui dit qu'il doit la prendre entière, et qu'elle le prendra entier. Sa décision est prise, il va quitter sa famille, bien que ce soit douloureux, mais il veut pouvoir vivre son amour avec Shimamoto-san. Mais les choses ne se passe pas comme il l'avait prévu. Lorsqu'il se réveille, Shimamoto-san a disparu, et ne reviendra sûrement jamais.

Deux passages que j'ai beaucoup aimés :

"- Quelle chance! Moi, je déteste les bureaux. Toi aussi, tu aurais du mal à supporter ça. J'ai travaillé huit ans dans cette maison d'édition, ça m'a permis de comprendre comment le système fonctionnait. Mais j'y ai également perdu huit de ma vie. La plus belle partie de ma jeunesse, en plus. Je ne sais pas comment j'ai pu supporter ça. Mais si je n'avais pas travaillé là-bas si longtemps, peut-être mes bars ne marcheraient-ils pas aussi bien aujourd'hui. J'aime ce que je fais à présent. Même si, parfois, j'ai l'impression que ce ne sont que des constructions mentales. Comme un jardin imaginaire. J'y plante des fleurs, je bâtis des fontaines. Mais avec beaucoup de précision et de réalisme. Des gens s'y rendent, y boivent, y écoutent de la musique, discutent, et puis s'en vont. Pourquoi, à ton avis, tant de gens viennent-ils ici le soir dépenser des sommes folles juste pour quelques verres? Parce qu'ils cherchent tous, à des degrés divers, un lieu imaginaire. S'ils passent ici, c'est pour regarder un jardin imaginaire flottant dans les airs et s'y immerger un moment."

"Pour certains faits, on détient la preuve tangible qu'ils ont eu lieu. Notre mémoire et nos impressions sont trop incertaines, trop générales pour prouver à elles seules leur réalité. Jusqu'où des faits que nous tenons pour certains le sont-ils? A partir d'où deviennent-ils seulement des faits que nous tenons pour 'réels'? Dans la plupart des cas, il est impossible de faire la différence. Pour nous assurer que ce que nous considérons comme la réalité l'est bien, nous avons besoin d'une autre réalité qui nous permette de relativiser et qui, elle-même, a besoin d'une autre réalité pour lui servir de base. Et ainsi de suite, jusqu'à créer dans notre conscience une chaîne qui se poursuit indéfiniment. Il n'est sans doute pas exagéré de dire que c'est dans le maintien de cette chaîne que nous puisons le sentiment de notre existence réelle. Mais que cette chaîne vienne à être brisée, et immédiatement nous sommes perdus. La véritable réalité est-elle du côté du chaînon brisé, ou du côté où la chaîne se poursuit?"


Je ne sais que trop dire de ce livre. Je n'ai pas vraiment accroché dès le début, je m'y suis même ennuyée. J'ai du mal avec les livres où le narrateur raconte sa vie, comme ça. Enfin, je veux dire, oui j'aime bien, mais je ne dis pas non à un peu d'action. Ici il ne se passe pas vraiment grand-chose. Hajime est en pleine introspection. Il arrive à la quarantaine, et pose un regard sur ce qu'a été sa vie jusqu'à présent, analyse les choses, et essaie de comprendre ce qui aurait pu être différent, ce qui pourrait changer désormais. Puis il retrouve son amoureuse d'enfance, Shimamoto-san et il est prêt à quitter sa famille pour vivre enfin cet amour. La question est : si Shimamoto-San était restée quand il a pris cette décision, est-ce qu'il aurait eu un meilleur avenir?
Lorsque Shimamoto-san réapparaît dans la vie de Hajime, j'avoue que là je ne pouvais plus abandonné ma lecture, je voulais savoir ce qui allait ce passer, et ce que Hajime allait décider de faire. Mais franchement, j'ai quand même eu du mal à finir ma lecture. Ce n'est pas le genre de livre que j'ouvre et que je ne peux plus refermer avant la fin. J'étais seulement un peu curieuse de savoir comment ça allait se terminer. Mais je ne pense pas que ce livre restera gravé dans ma mémoire.
En revanche, malgré que l'histoire ne soit pas bien passionnante à mon goût, on note une dimension philosophique dans ce livre. Qu'en est-il vraiment de la vie? Comment faire les bons choix? Ne pas rater le coche? Des questions que l'on se pose tous. Moi il m'a redonné un peu espoir avec le premier passage que je vous ai mis, parce qu'au moment où je l'ai lu, je me suis dit, c'est cool, il y a encore de l'espoir, je ne passerai peut-être pas ma vie dans l'entreprise M, à faire un boulot pour lequel je n'ai aucun intérêt.
Je suis un peu déçue, parce que j'avais entendu beaucoup de bien de Haruki Murakami, mais comme j'ai Après le tremblement de terre dans ma bibli, je lui redonnerai une chance.
En revanche, j'aime beaucoup son écriture fluide et poétique, qui est une des caractéristiques de l'écriture asiatique. Enfin, je ne suis pas non plus une 'connoisseuse' dans le domaine, mais à chaque fois que je lis un livre japonais ou chinois, je me fais toujours cette remarque concernant l'écriture. Ils savent raconter une histoire absolument banale avec une telle poésie!!!
Enfin, bref, pour moi ce n'est pas un coup de coeur, mais ce ne fut pas non plus une lecture totalement déplaisante, juste un peu ennuyeuse.

Retrouvez les avis des autres blogoclubbers
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 19:30

Retrouvez la biographie de Koushun Takami ici

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Genre : Littérature japonaise

Editeur US : Viz Media : 11,04€ (petit bémol concernant cette édition, il y a énormément de coquilles)

Editeur français : Hachette Littérature : 18€

Synopsis : Dans la Republic of Greater East Asia, un programme est lancé chaque année pour soi-disant préparer le peuple au pire, en cas d'attaque. Cette année, la classe de 3èmeB du collège Shiroiwa, dans la préfecture de Kagawan est sélectionnée pour participer au programme. Les 42 élèves de cette classe sont en route dans un bus pour un voyage scolaire, mais ils se réveillent tous dans une salle de classe. On leur annonce qu'ils ont été sélectionnés pour le programme. Ils sont sur une île, dont les habitants ont été délogés pour l'occasion. Ils sortiront un à un de l'école, à 2 minutes d'intervalles, munis d'un sac à dos. Ce sac contient un minimum alimentaire pour la survie, une carte de l'île et une arme. Une fois le premier élève sorti, le jeu commence, ils devront s'entre-tuer, il ne doit en rester qu'un, un seul.

Un passage :

"Ils se sont serrés dans cette position et échangèrent des baisers. Etait-ce quelques secondes seulement? Etait-ce une minute? Ou était-ce une éternité?

En tous cas, le baiser prit fin? Ils entendirent un bruissement. Ils sentirent quelqu'un dans les buissons derrière eux. C'était leur signal : tous à bord. Le train va partir, donc vous feriez mieux de monter.

Ils n'avaient plus rien à dire. Ils auraient pu se battre contre l'intrus. Il aurait pu prendre son pistolet et viser la personne derrière eux. Mais elle n'aurait pas voulu ça. Ce qu'elle voulait, c'était quitter ce monde tranquillement avant qu'ils ne soient aspirés dans ce massacre horrible. Rien n'était plus important pour lui qu'elle. Il n'y avait pas de place pour les compromis. Si c'était ce que son âme tremblante voulait, alors il allait la suivre. S'il avait été plus éloquent il aurait pu décrire ses sentiments avec quelque chose du genre : 'je vais mourrir pour son honneur'.

Leurs deux corps dansèrent dans l'air au-delà de la falaise, la mer noire en arrière plan, ils se tenaient encore la main."


Ce livre est une merveille, un gros coup de coeur pour moi. Je ne mentirais pas, il est très dur et très violent. On en prend plein la tête. Dès les premières pages, on est mis tout de suite dans l'ambiance, je comprends qu'il puisse choquer certaines personnes, moi-même je fais partie de  ces personnes. Je ne suis pas facilement impressionnable, vraiment, mais là, je n'ai pas compté le nombre de fois où je me suis sentie mal, à la lecture de certains passages, non pas tant par la violence des scènes finalement, mais plus par la situation dans laquelle tout cela se déroule. Bon j'avoue que quand on commence, on a forcément envie de savoir qui va tuer qui, et comment. Même si on voudrait qu'ils s'en sortent tous, on sait qu'ils ne survivront pas. Donc la curiosité l'emporte. Ce que j'ai vraiment beaucoup aimé en revanche, c'est toute l'ampleur psychologique du roman, tout ce qu'il y a derrière les personnages, leurs réactions et leurs actions. Et ça fait peur, oui ça fait vraiment très peur. Comment réagiriez-vous si on vous mettez avec vos collègues sur une île déserte avec chacun une arme entre les mains, et qu'on vous disez qu'un seul doit survivre. Et bien moi ça me fait froid dans le dos, parce que je sais qu'il y en a plus d'un qui serait réellement prêt à jouer le jeu jusqu'au bout. Et je peux même pas dire comment moi je réagirai, parce que finalement je n'en ai aucune idée, je ne serais pas dans l'état d'esprit de rentrer dans le jeu, je pourrais très bien finir par tuer quelqu'un pour me défendre, ou bien à une réaction de peur et de psychose 'Ne faites confiance à personne'. Et je pense qu'on serait tous plus ou moins dans le même état d'esprit. Et c'est ça qui fait peur. L'instinct de survie est là, il reste caché pour le moment, parce qu'on en a pas spécialement besoin, mais il remonte toujours à la surface dans des situations extrêmes.

 

Je vais vous avouer que j'ai pleuré plus d'une fois pendant ma lecture. La première fois, quand Nobu, un des élèves est tué par l'instigateur du jeu, avant le début même du jeu. Parce que je ne m'y attendais pas, tout simplement, la violence du coup, on se prend une claque dans la figure. Ensuite, il y a eu le passage que j'ai cité plus haut, une magnifique scène, d'après la plus belle du roman. Un couple d'amoureux, par peur d'être séparé par la mort, de devoir s'entretuer, décident de se suicider. Magnifique. Et finalement, à la fin du roman, mais je ne vais pas rentrer dans les détails.

En je pense que j'ai pleuré parce que ça m'a touchée. Et ça m'a touchée parce que tout au long de ce roman, on découvre la vie de ces ados, leurs espoirs quant à l'avenir, leurs amours (et Dieu sait qu'il y a d'amoureux secrets dans cette classe), leur caractère, leur vie familiale, ce qui s'est passé dans leur vie avant le jeu. C'est pour ça que ça fait pleurer, ce sont seulement des gamins, qui n'ont même pas encore commencé à vivre, c'est un putain de jeu...

Derrière cette histoire, l'histoire de ses ados, il y a l'histoire d'un pays. Un Japon dictatorial. Et j'aime beaucoup ce côté-là. Le dirigeant se fait appelé 'Le Dictateur de la République de Greater East Asia'. J'aime beaucoup cette dénonciation de la société. Mais bon comme vous avez peut-être pu le remarquer, j'aime bien ce thème, entre 1984, Animal Farm, V pour Vendetta. Mais en fait ça me fait peur, il est si facile finalement d'abolir les libertés humaines. Il y a à notre époque tellement de peuples asservis. C'est terrible, ça me fait froid dans le dos. Comme je le dis souvent l'Homme n'est pas humain.

Bon tout ça pour vous dire que je vous conseille vivement Battle Royale, un livre qui tue, dans le sens littéral du terme, un livre qui donne des émotions fortes, un livre qui ne peut pas laisser indifférent. A lire absolument, mais seulement si vous avez le coeur bien accroché...


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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 19:48
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Genre : Heroic Fantasy

Titre original : Juunikokuki - Kaze no umi, meikyû no kishi

Editeur français : Milan : 6, 95€ le volume

Illustrateur : Akihiro Yamada

Synopsis : Au centre de la Mer Jaune se trouve la région des cinq pics. C'est là que naissent les Kirin,des chimères qui désignent les rois des douze royaumes et qui les secondent tout au long de leur vie. Le Royaume de Tai est en pleine crise, il a perdu son roi et son kirin. Mais voilà qu'un nouveau fruit vient de pousser sur l'arbre. Mais un shokû (un ouragan) l'emporte par-delà la mer, dans un autre monde, au Japon. Mais dix ans plus tard, le kirin de Tai, Taiki est retrouvé et revient. Seulement, il n'est pas un kirin comme les autres. Ayant vécu 10 ans sans la conscience d'être un kirin, il ne peut pas encore se transformer et n'a pas de shirei (une sorte d'animal féroce apprivoisé par le kirin). Mais voilà que le jour du solstice arrive et Taiki doit choisir son roi. Il s'attache beaucoup à Gyosô qu'il n' a pas élu roi, mais lorsque celui-ci décide de partir, Taiki se lance à sa poursuite et lui fait serment. Cependant, Taiki a le sentiment de tromper tout le monde, il n'a choisi Gyosô que parce qu'il était attaché à lui...

Mon avis : Le rivage du labyrinthe n'est pas la suite de La mer de l'ombre. Mais reste dans le même ordre d'esprit. Dans La mer de l'ombre, on avait plutôt le point de vue des rois, dans Le rivage du labyrinthe on a le point de vue des kirins. Encore beaucoup de mythologie, que j'aimerais toujours mieux connaître pour apprécier cette oeuvre à sa juste valeur. En tous cas, Les douze royaumes c'est une grande épopée à découvrir absolument. Pour ceux qui auraient été dérangés par la violence de La mer de l'ombre (car c'est très violent, beaucoup de combats...), rassurez-vous, ne vous empêchez pas de lire ces deux volumes, c'est très calme, plus basé sur la psychologie du kirin (qui d'ailleurs est un être non violent par nature)

 

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 18:29

Qui est Fuyumi Ono ?
Biographie : Fuyumi Ono est née en 1960, au Japon, à Kyushu, dans la préfecture de Oita. Elle est diplômée de l'Université Otani à Kyoto, où elle a étudié le Bouddhisme. Elle écrit sous son nom de jeune fille. En 1988, elle publie son premier roman pour la jeunesse aux éditions Kodansha : The Sleepless Birthday Eve. Elle est mariée à naoyuki Uchida, un auteur de romans policier, qui utilise le pseudo Yukito Ayatsuji. Aujourd'hui, elle retoucherait une série d'horreur pour les filles, qu'elle a écrit il y a longtemps.

Bibliographie : 
* The Sleepless Birthday Eve / Baasudei ibu ha nemurenai (1988)
* Mephisto and Waltz! (1988)
* Evil Spirits aren't scary (1989)
* Evil Spirits : There are lots of evil spirits? (1989); There are really lots of evil spirits! (1989); Too many evil spirits to sleep (1990); A lonely evil spirit (1990); I don't want to become an evil spirit! (1991); Don't call me evil spirit! (1991); I don't mind evil spirits (1992)
* Charmed 17 year old (1990)
* Green home spirits (1990)
* Demon's child (1991)
* Les Douze Royaumes : Shadow of the Moon, Sea of the Shadow / La mer de l'ombre (1992); Sea of the Wind, Shore of the Labyrinth / Le rivage du labyrinthe (1993); Sea God of the East, Vast Sea of the West (1994); A Thousand Miles of Wind, the Sky of Dawn (1994); Aspired Wings (1997); Drifting Ship (1997); Shore at Dusk, Sky at Dawn (2001); Kashou's Dream (2001)
* London, 1888 (1993)
* Strange Tokei Tales (1993)
* Ghost hunt (série)
* Corpse Demon (1998)
* Island of the black shrine (2001)
* Kura no Kami (2003)
* Ghost stories storybook (2000 : sérialisé dans le magasine Yuu)

 

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Genre : Heroic Fantasy

Titre original : Juunikokuki - Tsuki no kage, kage no umi

Editeur français : Milan : 6,95€ le volume

Ilustrateur : Akihiro Yamada : "Il fait partie des rares dessinateurs japonais de renommée internationale. Son univers graphique est particulièrement apprécié et recherché par les amateurs de manga et d'Héroic fantasy."

Synopsis : Yoko Nakajima est une lycéenne comme les autres, à part peut-être ses cheveux naturellement rouges. Un jour, alors qu'elle est convoquée chez son prof principal, un jeune homme à la longue chevelure doré, nommé Keiki, apparaît pour l'emmener quelque part. Il dit vouloir la sauver d'un danger imminent, et s'agenouille devant elle en l'appelant maîtresse. Yoko, sans rien comprendre accepte de le suivre, et se retrouve à son insu dans un autre monde, par -delà l'ombre de la lune. Le voyage ne s'étant pas bien déroulé, elle se retrouve livrée à elle-même dans ce monde étrange, totalement différent du sien, où elle court mille dangers, entre les attaques de bêtes sauvages, et les menaces des hommes. Armée de son épée, elle erre à travers ce monde composé de 12 royaumes, certains en plein chaos, d'autres en pleine prospérité, mais tous n'ont pas la même manière de traiter les Kaikyaku, c'est-à-dire les gens venus de la Mer du Néant, comme elle. Un jour, elle se fait un allié, Rakushun, qui est un Hanju, un semi-animal. Son premier véritable ami dans ce monde. Avec lui, elle ira à la rencontre du Roi En dans le Royaume de En, le seul qui pourra l'aider à surmonter ses difficultés. Avec sa rencontre avec le Roi En, elle va découvrir des choses troublantes sur elle-même, et sur son avenir dans ce monde. Elle sera alors amenée à faire un choix extrêmement difficile, à savoir : rentrer chez elle, au risque de créer un terrible chaos dans les deux mondes, ou bien rester dans ce monde-ci, et rester à tout jamais dans ce monde-ci...

Un passage : Qui a dit que les bébés naissaient dans les choux?
"-Rakushun, j'ai déjà vu un arbre comme celui-là...
- C'est un riboku, l'arbre du ri.
-Un riboku? L'arbre qui porte les fruits-oeufs, les ranka?
- Oui. Dans chaque fruit, il y a un enfant.
-C'est vrai?
Elle regarda l'arbre avec stupéfaction. Elle comprenait pourquoi elle n'en avait jamais vu dans son pays natal.
- Toi-même, tu devais être dans un ranka comme celui-ci quand un shoku t'a envoyée dans le pays de Wa.
-Incroyable...
Les branches, le tronc et les fruits brillaient comme du métal.
-Les couples qui veulent un enfant viennent au sanctuaire. Ils font une offrande puis nouent un ruban à une branche en prononçant leur voeu. Si Tentei entend leur demande, un fruit apapraît à l'endroit où le ruban a été noué. Il mûrit en dix mois. Alors le couple vient arracher le fruit. Il tombe, le lendemain il éclôt et l'enfant naît.
- Tu veux dire que le fruit n'apparaît pas tout seul, c'est ça? Il faut que les parents le souhaitent pour qu'un fruit se forme?
-Oui, c'est ça. Mais il y a des couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants bien qu'ils le souhaitent ardemment, et d'autres qui en ont très facilement. Le Ciel connaît les capacités de chaque couple.
-Et c'est pareil pour moi? J'ai dû avoir des parents qui ont noué un ruban pour moi?
- Certainement. Ca a dû être un choc pour eux de perdre leur fruit-oeuf.
[...]
- Là-bas dans l'autre monde, les enfants ressemblent à leur parents, en général.
-Ah bon, c'est marrant, ça... Et ce n'est pas désagréable?
-Désagréable? ma foi...
- Ben, plusieurs personnes qui se ressemblent dans une même maison, ça doit faire plutôt bizarre, non?
-Oui, tu as peut-être raison..."

Mon avis : J'ai découvert ce livre par hasard en me promenant à la FNAC, et la quatrième de couverture m'avait bien plus. J'ai donc acheté le premier volume, mais lorsque j'ai voulu le lire, je me suis rendue compte que je m'étais trompée et que j'avais acheté le second volume. Imaginez ma frustration, en plus j'avais une heure de route à faire en car, et je me retrouvai sans lecture. Enfin, bref, j'ai lu les deux volumes, et en très très peu de temps. Je les ai dévorés. En plus, ça se lit très rapidement, et une fois qu'on a mis le nez dedans, impossible de l'en sortir, je vous assure. Beaucoup d'action, beaucoup de questions aussi, des intrigues, de l'imaginaire... les ingrédients de l'héroic fantasy quoi... En tous cas, moi je conseille fortement!
Le seul regretque j'ai, c'est de n'avoir aucune connaissance en mythologie japonaise et chinoise, ce qui est dommage, car je pense que ce livre doit regorger d'allusions et de références...

Nota Bene : Les douze royaumes ont été adaptés en animé, il y a 45 épisodes que l'on peut trouver en DVD en France.

 

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 21:40

HiraideTakashi.jpgBiographie : Takahashi Hiraide est né en 1950 à Moji. Il est avant tout poète. Lorsqu'il était étudiant à l'université Hitotsubashi à Tokyo, il a commencé à publié des poèmes. Son premier recueil est paru en 1976, et l'a propulsé au rang des plus grands poètes japonais d'après-guerre. Ensuite, tout en écrivant de la poésie, il a travaillé comme éditeur pour le magasine littéraire Bungei. Depuis 1990, il enseigne à la Tama Art University. Il a écrit dans plusieurs genres : poésie, roman, essai... Son livre, Le chat qui venait du ciel a remporté le Kiyama Shohei Award. Aujourd'hui, il vit à Tokyo avec sa femme, la poète Michiyo Kawano.

Bibliographie :

* Poésie : The bride poems (1972); The inn (1976); For the fighting spirit of the walnut (1982); Portraits of a young osteopath (1984); Green ray in my house (1987); Notes for my left-hand diary (1993); Postcards to Donald Evans (2001)
* Roman : Le chat qui venait du ciel( 2001)
* Essais : Poetics of baseball (1989); Future of shipwreck (1982); At the top of attack (1985); Doubt about light (1992); Multiple-way street (2004); William Blake's bat (2004)
* Autre : One hundred and eleven tankas to mourn my father (2000)

chatquivenaitduciel.jpg 

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Genre : Littérature japonaise

Titre original : Neko no kyaku

Editeur français : Picquier Poche : 6€

Synopsis : Le narrateur et sa femme sont locataires d'un pavillon, et leurs propriétaires vivent dans la demeure principale. Les animaux sont interdits, mais un jour, un chat arrive d'on ne sait où. Il sera adopté par des voisins qui ont un enfant, et sera nommé Chibi. Le narrateur nous raconte qu'il n'a pas d'affinité avec les chats et qu'il ne comprend pas l'attitude des "amoureux des chats". Mais bientôt, il se trouvera très attaché à Chibi qui mène une double vie. Sa vie officielle dans sa maison et son autre vie, dans la maison du narrateur, tout en gardant sa totale indépendance. Ce livre nous raconte le lien qui s'est tissé entre le couple et le chat, jusqu'au jour où le chat disparaît et où le narrateur et sa femme sont dans l'obligation de trouver un autre logement.

Mon avis : Le titre m'a fait rêver, c'est pour cela que je l'ai achété, et aussi parce que j'adore les chats. Le début ne m'a pas beaucoup inspiré, mais finalement on se laisse facilement happé par cette relation entre le couple et le chat. On nous montre ici toute la splendeur de cet animal, si capricieux et si attachant, et en même temps si indépendant qu'on ne peut jamais se considérer réellement "maître". C'est un livre très beau, mais en même temps très triste. Le narrateur qui nous dit au début n'avoir aucune affinité avec les chats, va se retrouver en quelque sorte à la merci de cet animal, et le considérer presque comme un enfant.

Un passage que j'ai aimé :

"Elle s'inclina poliment devant moi. Je me suis rendu compte que nous utilisions tous les deux le même langage que si nous avions évoqué la mort d'un enfant. J'avais envie de lui parler davantage. Plus tard, quand le chagrin serait moins vif, je voulais apprendre d'elle des aspects de Chibi que j'ignorais et lui raconter des choses qu'elle ne connaissait pas, oui, j'ai vraiment failli le lui dire, mais les mots me sont restés en travers de la gorge.
Plusieurs scènes qui venaient de devenir des souvenirs étaient sur le point de franchir mes lèvres, mais je me suis retenu.
'Eh bien, je sais que vous devez avoir fort à faire, mais puis-je vous demander de nous laisser aller quelques instants sur sa tombe? A un moment que vous choisirez vous-même, naturellement...
- C'est entendu. Voulez-vous avoir l'obligeance de téléphoner demain matin? Comme il se fait tard aujourd'hui...'
D'où vient ce désir de se rendre à l'endroit où un corps a été mis en terre? Comme si on voulait s'assurer que cette présence perdue à jamais, cette absence devenue irrémédiable, est celle d'un être précieux et irremplaçable, dont un mécanisme psychologique fait qu'on veut lui rester lié par le biais d'une autre dimension."

L'avis de Papillon et de Cathulu

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 19:26

Biographie : Shan Sa est née en Chine en 1972. Elle sera d'abord poète de langue chinoise. Elle a reçu le premier prix du Concours National de Poésie des Enfants à 12 ans. Elle fera ses études secondaires à Pékin, où elle obtiendra l'équivalent du bac français. En 1990, elle choisit de venir en France où elle suivra des études de philosophie, après quoi elle deviendra la secrétaire du peintre Balthus. Elle obtiendra plusieurs prix avec ses romans.

Bibliographie :

* Poésie : Les poèmes de Yan Ni (1983); Libellule rouge (1988); Neige (1989); Le vent vif et le glaive rapide (2000)

*Nouvelles : Que le printemps revienne (1990)

*Romans : Porte de la Paix Céleste (1997 : bourse Goncourt du premier roman en 1998); Les quatre vies du saule (1999 : Prix Cazes-Brasserie Lipp en 2000); La joueuse de Go (2001 : Prix Goncourt des lycéens); Impératrice (2003 : Prix des lecteurs du Livre de Poche en 2005); Les conspirateurs (2005); Alexandre et Alestria (2006)

 

 

 

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Genre : Drame

Editeur : Grasset : 18,20€ ; Folio : 4,50€

Synopsis : "En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance". Le roman est divisé en quatre histoires qui prennent place à travers les siècles, depuis la Chine féodale jusqu'à la Chine actuelle en passant par l'époque de la Révolution Culturelle. A travers ces époques, deux âmes se cherchent, se retrouvent et se quittent dans une spirale infinie.

La première raconte la vie d'un lettré chinois ruiné qui va rencontrer une femme qui se dépouillera de sa richesse pour vivre à ses côtés. Lui étant ambitieux, il ira passé les concours d'entrée à la Cour Impériale en lui promettant de revenir sur leur montagne. Avant son départ, au pied d'un saule, ils se feront la promesse de se retrouver quoiqu'il arrive. Ayant réussi les concours, Chong Yang se vit devenir mandarin. Son ambition étant de plus en plus forte, il gravit les échelons et se maria, mais n'oublia jamais Lü Yi qui mourût de chagrin.

La seconde histoire raconte la vie de deux jumeaux, une fille et un garçon. Le garçon fut toujours le préféré de son père car il serait l'héritier, mais en grandissant il ne cessa de décevoir son père, au point qu'il dut fuir son foyer pour éviter d'être tuer. Sa soeur jumelle, qui l'avait pousser à fuir le courroux de leur père, devint après la mort de ses deux parents, la gérante de la maison, et ne revit jamais son frère.

La troisième histoire se passe au temps de Mao, de la révolution culturelle. Deux jeunes gens, Wen et Saule, s'engagent dans la lutte auprès du Président Mao. Wen fera subir des tortures et fera emprisonner un certain nombre de personnes les accusant d'être contre-révolutionnaires, , jusqu'au jour où il sera lui-même dénoncé par les siens, dont Saule, pour trahison. Il sera battu et emprisonné par la cause qu'il a défendu avec tant de ferveur et qui lui a fait perdre au bout du compte ce qu'il avait de plus cher, Saule.

La dernière histoire nous parle d'une jeune femme d'affaire qui prend l'avion pour se rendre à Hong-Kong à notre époque. Lors de son vol, elle fait un rêve où elle passe sa vie auprès d'un prince dans les nuages et met au monde un enfant. Arrivée à la fin de sa vie, elle dit au revoir à son époux et son fils, alors que la descente de l'avion sur Hong-Kong s'amorce.

Mon avis : J'avais lu ce livre il y a quelques années. C'était mon premier Shan Sa, et je me souviens que j'avais vraiment adoré. J'ai décidé de le relire car je ne me souvenais plus vraiment de l'histoire. Parfois on oublie les faits, mais on garde en mémoire le ressenti, les sentiments que l'on a éprouvé en lisant un livre. C'était le cas avec Les Quatre Vies du Saule. Cependant, j'ai trouvé la relecture assez difficile. j'ai mis du temps à le finir, parce que je n'ai pas retrouvé ces impressions. C'est un très beau livre, mais après cette deuxième lecture je ne suis plus aussi enthousiaste. Par contre, j'ai beaucoup aimé la troisième histoire qui nous met dans le contexte des années Mao.

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